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Articles

Swamplandia, de Karen Russell

Si je remarque bien quelque chose, c’est que la littérature américaine à tendance à m’attirer, et j’ai beau tenter de m’en éloigner pour lire autre chose, j’y reviens toujours. Une cliente m’a fait cette remarque en me disant « qu’y en avait marre de cette dictature des romanciers américains, à croire qu’il n’y a qu’eux qui écrivent, alors que c’est complètement faux. » le visage tout rouge, pas contente, j’ai bien cru qu’elle allait se transformer en schtroumpf noir. Mais que voulez-vous madame, oui il y a de bons auteurs partout, en France nous ne sommes pas en reste, mais les anglophones - pour élargir le terme - ont tendance à manier la plume d’une manière particulière, et on ne peut nier qu’ils ont le chic pour pondre d’excellents romans. Mais surtout ils écrivent beaucoup, vu qu’ils sont très très nombreux, et que donc par définition il y a beaucoup de bonnes choses à lire, et moi, je ne vais pas m’en priver par chauvinisme ou orgueil mal placé ! Ca ne m’empêche p...

Legend, de Marie Lu

Il m’est arrivé une chose bien étrange il y a peu. Rembobinons, et rappelez-vous que j’ai commencé mon nouveau travail en juillet, avec comme tâche de m’occuper de la littérature, et de développer le rayon Littératures de l’imaginaire qui végétait à côté du polar, abandonné de tous. Effectivement, personne n’en lisait, il n’avait même pas un coin établit pour exposer ses nouveautés, et se composait essentiellement de trois étagères, dont une était destinée seulement au Trône de fer... C’était donc minimaliste. Mais je me retrousse les manches, et la semaine prochaine nous passerons de 90 titres à 250, de quoi bien remplir ma bibliothèque et laisser du choix aux clients lecteurs et amateurs de littératures fantaisistes. J’ai donc aussi contacté les éditeurs avec lesquels on travaillait peu, ou pas, pour leur dire que dorénavant on travaillerait la SF/Fantasy/Fantastique et prendre rendez-vous avec eux. C’est comme ça que je me suis retrouvée à parler des nouveautés de septembre/octo...

Mécaniques du ciel, de Tom Bullough

Je ne sais pas pourquoi, mais cette année beaucoup de romans de la rentrée littéraire s’inspirent des sciences. Entre L a déesse des petites victoires , Théorèmes vivants , Peste et choléra , Le jour où les chiffres ont disparu , et Mécaniques du ciel , les scientifiques sont les muses des auteurs de 2012, allez savoir pourquoi. Alors fanatiques des nombres, de la biologie et de la physique, jetez-vous dès à présent sur cette rentrée, c'est le moment ! Pour ceux que ça pourrait effrayer, figurez-vous que tout ça reste assez passionnant. On a tendance à l’oublier, mais sciences et littérature font toujours bon ménage. Particulièrement dans le fabuleux Mécaniques du ciel . J’ai commencé ce roman de Tom Bullough sans savoir qu’il s’agissait d’une histoire vraie, et que son protagoniste était un scientifique reconnu à qui l’on doit beaucoup. Je ne m’en suis rendue compte qu’à la fin, lorsque j’ai compris qui était ce petit garçon du nom de Kostya, fasciné par les chiffres...

Qu'avons-nous fait de nos rêves, de Jennifer Egan

En ce moment j’ai l’impression de passer mon temps dans les livres. Ca vous étonne ? Sachez que parfois je fais autre chose de ma vie, je vais au cinéma, je regarde des séries télé abrutissantes avec des acteurs américains aux dents trop blanches, je fais du shopping, je harcèle mon félin, une vie bien remplie, non ? Et bien-sûr, je lis. Mais depuis que je suis devenue libraire j’ai réduit mon rythme de lecture. Jadis, au temps de ma folle (!?) jeunesse, je lisais tout le temps et partout : au réveil, en mangeant, en marchant, en cours, beaucoup en cours même, devant la télé, au lit. Aujourd’hui, je fais presque pareil, sauf que je travaille dans une librairie, au milieu de livres, et contrairement au temps où j’étais étudiante, je ne peux même pas lire. Ces quatre dernières années, j’ai donc réduit mon temps de lecture par quatre, laissant de plus en plus de place aux séries niaises et aux blockbusters si faciles d’accès grâce à ma super carte UGC/MK2 (ça vous ...

Dieu sans les hommes, de Hari Kunzru

Alors là, on ne peut pas dire que je l’ai fait exprès ! Je n’ai pas de détracteurs à Science-fiction, il s’agit juste d’une (heureuse !) coïncidence. Mais laissez-moi expliquer le contexte de cette exclamation : Lorsque j’ai découvert les piles relativement instables de Services de presse qui ornaient la table de ma librairie, je me suis dit « diantre, je n’en viendrais jamais à bout ». Ma responsable m’a alors un peu parlé des livres (qui ont une aura, à ce qu’il paraît) et m’a fortement encouragé à lire certains titres en premier lieu. Il s’avère que Dieu sans les hommes faisait parti de cette liste. Et ma responsable a été très perspicace (je soupçonne quand même très fortement un pur hasard…) lorsqu’elle m’a tendu le roman de  Hari Kunzru après avoir zyeuté la quatrième de couverture et m’avoir dit « tenez, ça, ça devrait vous plaire ».  Or, effectivement, cela m’a plu, mais pas pour les raisons qu’évoquent la quatrième de co...

La déesse des petites victoires, de Yannick Grannec

Bon, passons aux choses sérieuses maintenant. Retroussons nos manches et parlons de la rentrée littéraire. Tu ne sais pas ce qu’est la rentrée littéraire ? (tu ne connais pas ta chance !)  Alors, jeune néophyte, sache qu’elle a lieu deux fois par an. L’un à partir du mois d’août jusqu’au mois d’octobre, où sont décernés les grands prix littéraires aux noms farfelus tels que Goncourt, Renaudot, Fémina, Médicis, Interallié, Wepler (?!) ou même Crésus (?!?WTF) (mais oui, souviens-toi, c'est à cette période de l'année que les vieux croulants de l’Académie Francaise en habit moche vert décident de faire croire qu’ils lisent vraiment les nouveautés littéraires), parmi plus de 600 nouveautés.  Puis une deuxième rentrée à lieu en janvier, moins importante, pas de Houellebecq ni de Nothomb pour ce temps là de l’année, celle-ci est considérée comme moins importante.  Bref. On m’a plus ou moins sommé (avec insistance) de lire le plus de livres possible de la ...

Abraham Lincoln, Chasseur de vampires, de Seth Grahame-Smith

Sachez en premier lieu qu’il n’est pas facile de trouver l’inspiration tous les jours, et sur certains livres en particulier. Sur le minimum de huit livres que je vais lire ce mois-ci, je n’en exposerai que quatre, et pas forcément mes lectures récentes. Premièrement, il me faut prendre parfois un recul par rapport à certains livres pour mieux trouver mes mots. D’autres me laissent une empreinte brûlante dès la dernière page tournée et je me jette en général sur mon ordinateur pour mettre mes impressions à plat. Je comptais écrire cet article hier soir mais il me semblait que mes doigts étaient gelés et mon imagination sèche, et pourtant j’avais en masse de matière à exploiter. Et puis ce midi, après nombre d’essais infructueux sur plusieurs romans, mon esprit m’a susurré  « ne lutte pas Guixxx, Abe te regarde du coin de l’œil, tu sais quoi faire ». Je n’avais pas encore terminé Abraham Lincoln, chasseur de vampires , qui trainait sur le rebord de mon lit. Je compta...