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Articles

Et quelquefois j'ai comme une grande idée, de Ken Kesey

Voilà ça y est, j’ai lu mon grand roman américain de la rentrée. Tu sais, le  Grand roman américain par excellence, celui sur lequel l’auteur a dû suer sang et eau pendant des lustres pour le peaufiner et sur lequel tu sues sang et eau pour le lire parce qu’il a tellement bien fait son job que c’est trop cool mais un peu dur et long à lire parfois (ces systèmes narratifs originaux on a pas idée…). J’avais lu mon Grand roman espagnol (Confiteor) , mais aussi mon Grand roman français (Le quatrième mur) , ainsi que mon Grand roman de Fantasy (Même pas mort) , voilà le Grand roman américain de la rentrée : Et quelquefois j’ai comme une grande idée , de Ken Kesey , aux éditions Monsieur Toussaint Louverture . Peut-être le nom de Ken Kesey parle-t-il un brin à certains d’entre vous, il est en effet l’auteur génialissime et trop méconnu du roman Vol au-dessus d’un nid de coucou , duquel est tiré le film avec Jack Nicholson. Celui-ci aussi serait sujet à une petite chro...

Neige, de Anna Kavan

Séance de rattrapage les amis. Oui oui, je vous ai laissé tomber, je me suis laissé aller (et je ne parle pas que de mon poids). J’avoue que mes doigts ne m’ont pas démangé pendant ce dernier mois sauf pour établir mon plan d’affaire et espionner les réseaux sociaux pour vous faire cliquer sur mon étude de marché . Mais je suis là, nous sommes là, le canidé, le félidé et moi, toujours assis confortablement sur le canapé, l’un léchant ses coussinets avec mépris, l’autre rongeant son chausson en peau de buffle, et moi mon livre à la main. Comme  Confiteor précédemment, lire l’inédit de Ken Kesey  ( Et quelquefois j'ai comme une grande idée ) me prend pas mal de temps. Je vous en parlerai à coup sûr, un tel chef-d’œuvre ne s’oublie pas, mais sa densité et sa masse m’empêchent d’avancer rapidement, sinon je vous aurais déjà bassiné avec ça. Je n’ai malgré tout pas parlé de toutes mes lectures de la rentrée, loin de là, et pour ça vous pouvez me blâmer, me montrer du doig...

Édification d'un rêve, ou la librairie fantastique.

Dessin de Tom Gauld Combien de fois dans mon entourage (le peu qui lisent mes chroniques en diagonale) m’a demandé quels étaient ces plans « top secrets » dont j'ai fait état dans plusieurs de mes billets. Ceux qui m'ont posé la question sans détour ont obtenu l'information claire et définitive que je partage avec vous ici : je veux créer ma boîte. Je vous ai déjà parlé avec nostalgie et envie de mes rêves. Depuis mon adolescence je fantasme sur cette possibilité. J’ai vécu dans le rêve brumeux et cotonneux de posséder ma propre librairie. Je l’ai imaginée, décorée, rempli et re-imaginée des centaines de fois. Parfois elle ressemblait à l’ancien local de la librairie Imagin’ères à Toulouse, une toute petite pièce au plancher craquant et aux étagères ployant sous des rayonnages de livres de SF, la musique de Loreena McKennit se mêlant aux effluves de patchouli. Parfois elle ressemblait au Forbidden Planet de Londres, gigantesque, fournissant profusion de Bds ...

Survol de la rentrée littéraire 2013

Aujourd'hui, pas d'article sur un livre en particulier. Je dois vous avouer qu'après mes deux mois d'été fort en chocolat au niveau des lectures, mon mois de septembre s'enfonce dans la non-envie de lire. Je fais passer les BD en premier (je gère les deux rayons dans ma librairie), et relègue les romans dans un coin. Ça ne veut pas dire que je ne lis plus, je suis en train de finir Neige d'Anna Kavan chez Cambourakis, réédition des années d'un très bon roman des 60, et je vais entamer Et quelque fois j'ai comme une grande idée , de Ken Kesey, auteur génial de Vol au-dessus d'un nid de coucou , grâce aux éditions Monsieur Toussaint Louverture. En attendant je vous prépare un petit article sur un projet personnel qui me tient à coeur et pour lequel j'attends votre soutien, et aujourd'hui je vous fais part d'une petite liste de ma rentrée littéraire que j'ai établie sur le site de critiques Senscritique.com . Car j...

American Prophet, de Paul Beatty

J’aime ça, rentrer de vacances et retrouver dans mon casier un service de presse inattendu et béni. Je ne suis pas toujours très au fait de ce qui sort, d’une part parce que je ne gère pas seule les nouveautés de mes propres rayons (une super gestion des rayons de ma librairie actuelle veut ça, ce qui est totalement illogique,  pas très professionnel et très frustrant, mais  c’estcommeçaunpointcesttout ), donc je ne vois pas passer certains très bons titres que mes représentants viennent travailler avec nous. D’autre part je ne lis pas les journaux ni magazines, n’écoute pas les émissions littéraires de radio et de télé  (mauvaise fille, mauvaise libraire, pas bien !) . J’étais donc passée à côté de la sortie d’ American Prophet  de  Paul Beatty , ce qui me rend chagrine parce qu’il est venu en juin à Paris et j’aurais vraiment aimé le rencontrer. Heureusement, j’ai reçu ce beau service de presse, des « épreuves » (blanches, sans mise en page), que j’ai gardé pr...

La grâce des brigands, de Véronique Ovaldé

Parfois, une couverture de roman n’a rien à voir avec le sujet du livre. On se demande alors qui a eu l’idée de trouver cette couv’, souvent moche, inutile : le stagiaire ? L’éditeur ? Un pote aveugle ? Bref, c’est ce que je me suis demandée après avoir lu La grâce des brigands , de Véronique Ovaldé , aux éditions l’Olivier . Bien heureusement le roman était vraiment top, bien que je ne comprenne pas cette couv’ d’une totale laideur. Donc j’ai lu La grâce des brigands la semaine dernière. Pour tout vous dire, comme ma boss m’a clairement fait comprendre que mon penchant pour les romans étrangers ne devait pas passer avant le fait que la rentrée littéraire française soit avant tout une rentrée de romans français, je me suis penchée, un peu forcée je l’admets, sur les nouveaux romans français. Je me suis tournée vers des valeurs sûres, me basant sur de précédents échos de collègues aguerris possédants de bons goûts, Céline Minard , Sorj Chalandon , Véronique Ova...

Confiteor, de Jaume Cabré

En ce moment je suis dans une frénésie de lecture, de ramassage de crottes et de rattrapage de séries télés. Par ailleurs j’essaye de remettre de l’ordre dans mes projets professionnels top secrets mais il semblerait que toutes ces choses jointes ensemble m’épuisent (et pourtant on ne peut pas dire que la semaine du 15 août en librairie soit follement énergique, et aujourd’hui j’en profite pour glander, mais glander pour moi c’est une course de lecture contre la rentrée littéraire et des bestioles poilues dites « domestiques » qui me réveillent toutes les trois heures comme un bébé qui fait ses dents. Croyez-le ou non, c’est fatiguant.). Je rêve à nouveau de mon futur week-end dans le sud chaleureux et chantant de mes parents, avant que l’enfer ne se déclenche sur terre (dans ma librairie) avec une succession de dédicaces stressantes (pour la hiérarchie, et donc pour moi par la suite…) jusqu’à la fin des hostilités mi-octobre où je me fais une semaine...