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Articles

Espoirs et déboires d'une aspirante libraire

Depuis le temps que je vous bassine avec mon rêve de création d'une librairie ! Pour certains, c'est encore pire que pour vous, je leur pète les bu... enfin je les emmouscaille légèrement  depuis le lycée, où je me planquais constamment pour lire dans tous les recoins de l'établissement. Une fille le cul par terre, dos collé au mur, mèches de cheveux devant les yeux et livre en main ? C'était moi. J'imaginais déjà les lieux, le fauteuil rouge et douillet prêt à accueillir le client (ou la libraire, plutôt...) , les étagères croulantes, la musique de Loreena McKennit. Je me cassais la tête à chercher un nom accrocheur, une identité à cette librairie qui hantait mes pensées jour et nuit. Ça n'a pas changé, après mes études spécialisées, après mon apprentissage, après mes années de jeune libraire sous-payée, j'en suis encore là, à imaginer les travaux, la déco, le fonds, la musique, jusqu'à la marque du thé que j'offrirais à mes clients. Mais...

Avouons-le, j'ai décroché !

Bon, le temps s'espace pas mal entre mes chroniques, et sérieusement entre la création d'entreprise et l'idée folle que j'ai eu de passer le code et le permis en même temps (j'optimise mon chômage), je n'arrive pas à tenir le rythme. Mes lectures se concentrent sur le livre de code et les textes professionnels, ce qui m'attriste un brin, mais je me dis que bientôt, quand j'aurais accompli ces deux exploits là, je reprendrai mes lectures et mes chroniques. Donc patience, et souhaitez-moi bon courage.

Le lézard lubrique de Melancholy Cove, de Christopher Moore

Comment rattraper le temps perdu ? Il s’est passé à la fois rien et plein de choses depuis mon dernier article en avril. J’explique ma disparition avec difficulté. Disons que mon métier m’a amené à énormément lire depuis 6 ans, même si mon rythme de lecture est effréné depuis mon adolescence. Mais surtout mon métier m’a forcé à lire des choses que je n’avais pas forcément envie de lire, parce que c’est nouveau, médiatisé, qu’il faut en parler, le vendre : le diktat du commerce quoi. On se dit que le livre n’est pas un produit commercial comme les autres, c’est un objet de passion, mais c’est comme tout en fait : trop c’est trop. Alors après Féerie pour les ténèbres je suis tombée dans une spirale (pas autodestructrice, plutôt relaxante) de visionnage de séries télé. J’ai rattrapé mon retard sur ce secteur culturel là, il faut dire que je suis passionnée par la fiction en général, les romans, les films, les séries, c’est que du bonheur. Lorsque je ne remplissais pa...

Féerie pour les ténèbres, de Jérôme Noirez

Bon, je vous avais parlé de faire un article sur l'Homme Soleil , et je vais le faire (mode auto-motivation on ), mais pas tout de suite. Tout simplement parce que les mots me manquent, et parce que j'ai quand même été un peu déçue... si on doit le comparer à l'excellence de La symphonie des spectres ... ben c'est pas excellent. Mais je n'ai pas chômé pour autant, j'ai enchaîné avec deux excellents romans, dont un qui était un rattrapage obligatoire et que je ne regrette pas ! Pourquoi n'ai-je pas lu Féerie pour les ténèbres avant ? Les rioteux ont emporté la réponse dans l'En-dessous...  Pourtant j'en ai entendu beaucoup de bien, et de nombreuses fois. On parle d'un roman parût il y a presque dix ans aux éditions Nestiveqnen , repris en intégrale par le Belial il y a deux ans, et enfin paru en poche chez J'ai lu ce printemps. Il m'a donc fallu l'observer de loin tout ce temps avant d'emporter un exemplaire avec moi da...

Je traîne... mais je suis toujours là !

Oui bon je sais, je traîne, je traîne.... je vous promets L'homme-soleil depuis des lustres et rien n'arrive. Sachez qu'il me reste 100 pages à lire. Je les aurais déjà terminé si depuis mon arrivée dans le monde du chômage il y a dix jours (volontaire, cette fois-ci) je ne faisais pas un espèce de blocage total sur la lecture. Comme si j'avais besoin de faire le vide, de rester loin d'un livre le temps de me remettre d'un traumatisme (Moi ? Traumatisée par mon expérience récente d'employée en librairie ? Non.) Je fais à la place une boulimie de séries télé (j'vous jure, quelle enfant...) et je planche sur mon projet de création de librairie : repérage de locaux, de quartiers, recherche de contacts, j'essaye d'y aller doucement, je me suis donnée comme temps de repos jusqu'à lundi prochain pour souffler un peu et reprendre mes esprits avant de me lancer dans cette entreprise qui va certainement me bouffer toute ma vie dans les quatre o...

Les Furies de Boras, de Anders Fager

Récemment un client m’a demandé « que lisez-vous de beau en ce moment ? ». Je savais en mon fort intérieur que mes lectures ne correspondraient pas à son interprétation de « beau », même si je vous assure qu’il y a une certaine beauté dans la monstruosité tentaculaire et visqueuse des récits des Furies de Boras , de Anders Fager . Alors quand je lui ai dit que ce n’était peut-être pas très beau mais que je prenais beaucoup de plaisir à lire un roman horrifique nordique, j’ai senti qu’il continuait de me faire la conversation pour la forme, en regrettant de m’avoir posé la question. Je lui ai expliqué que c’était un recueil de nouvelles d’horreur, mêlant histoire contemporaine et folklore suédois, que c’était très intéressant, gardant pour moi les rituels de chair et de sang, les cultes démoniaques, les prédatrices sexuelles mi-femmes mi-monstres et les enfants adeptes de tyrannosaures mythiques mangeurs de SDF. Ce sont des choses qui ne se disent pas à certaines personnes. A...

Et nos yeux doivent accueillir l’aurore, de Sigrid Nunez

Ça fait longtemps rien que je ne me suis pas dégourdie les doigts en vous tapant un petit article. Alors profitons du fait que j’ai terminé hier ma lecture d’un roman de Sigrid Nunez aux éditions Rue Fromentin avec son titre dégoulinant et bien trop long MAIS tiré d’une chanson de Dylan (là on peut pardonner) Et nos yeux doivent accueillir l’aurore . Comme toujours, je suis friande des romans américains, j’ai une certaine tendance à les apprécier encore plus quand ils se situent dans le passé et quand j’en apprends plus sur l’Histoire. Alors ce roman mi roman de campus mi roman soixantuitard me tentait carrément bien. Situons un peu l’histoire, si vous le voulez bien. George, de son vrai nom Georgette George (à dire à l’américaine, of course ), nous raconte l’histoire d’une amitié peu commune qui marquera sa vie à jamais. Pendant la guerre du Vietnam, elle intègre le campus de Barnard, pendant féminin du fameux Columbia de la grosse pomme. Elle débarque du fin fond de l’ét...