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Articles

Et nos yeux doivent accueillir l’aurore, de Sigrid Nunez

Ça fait longtemps rien que je ne me suis pas dégourdie les doigts en vous tapant un petit article. Alors profitons du fait que j’ai terminé hier ma lecture d’un roman de Sigrid Nunez aux éditions Rue Fromentin avec son titre dégoulinant et bien trop long MAIS tiré d’une chanson de Dylan (là on peut pardonner) Et nos yeux doivent accueillir l’aurore . Comme toujours, je suis friande des romans américains, j’ai une certaine tendance à les apprécier encore plus quand ils se situent dans le passé et quand j’en apprends plus sur l’Histoire. Alors ce roman mi roman de campus mi roman soixantuitard me tentait carrément bien. Situons un peu l’histoire, si vous le voulez bien. George, de son vrai nom Georgette George (à dire à l’américaine, of course ), nous raconte l’histoire d’une amitié peu commune qui marquera sa vie à jamais. Pendant la guerre du Vietnam, elle intègre le campus de Barnard, pendant féminin du fameux Columbia de la grosse pomme. Elle débarque du fin fond de l’ét...

Nosfera2, de Joe Hill

Ce que j'aime dans un roman, c'est être surprise. C'est l'imagination fertile et parfois insaisissable des auteurs, qui sont capables de faire germer des situations et des personnages hors du commun, et qui vont bien au-delà des limite de ma propre imagination. Quand je rencontre l'imaginaire de ces auteurs, je prends mon pied. J'ai un souvenir excellent de l'imaginaire foutraque du génialement taré Warren Ellis dans son roman jouissif Artères souterraines , paru au Diable Vauvert il y a quelques années, et enfin édité au livre de poche en ce début d'année. Je transmets sa bonne parole en camouflant la trashitude de son récit par une caution "humoristique", la pile se vend comme des petits pains, et j'espère ainsi les emmener dans l'esprit détraqué d'un auteur peu ordinaire. Mais ce n'est pas d' Artères Souterraines que je veux parler ce soir. J'ai englouti avec joie le roman d'un dénommé Joe Hill sorti il y...

Des nouvelles fraîches

Deux mois plus tard, me revoilà ! (Bonnanéééé !) Oui, j'ai un peu délaissé l'écriture en cette fin d'année 2014. J'ai même délaissé la lecture en fait. J'ai passé mon temps la tête dans mes projets, et j'étais trop occupée par le mois décembre qui est un mois difficile dans le commerce, comme vous pouvez vous en douter : heures supplémentaires, plus de fatigue et moins de temps pour soi-même. Ce fut un mois difficile de différentes façons (confrontation façon Far West avec ma boss, stress de la foule des clients de Noyel...), mais un mois qui m'a ouvert les yeux sur l'urgence d'ouvrir mon propre commerce, c'est pourquoi les choses s'accélèrent et mon associé (J.) et moi sommes en train de chercher des locaux ! Nous espérons voir notre librairie ouvrir ses portes au grand public en septembre prochain alors croisons les doigts et touchons du bois. J'essaye de garder un certain rythme de lecture mais je suis complètement dépassée par ...

Le phénomène Stephen King

Il faut bien que je parle du phénomène qui agite Paris depuis une semaine, qui déclenche  l'hystérie de la presse et des fans de toute l'Europe, le master de la littérature d'horreur et du fantastique vient faire son Tour dans la capitale française, et ce pour la première fois depuis 40 ans d'existence littéraire ! J'ai nommé Stephen King , bien sûr. Pour tout vous dire, j'ai eu la formidable opportunité d'être invitée au Grand Rex pour la conférence qui lui a été consacrée, en ma qualité de libraire bien entendu. J'ai donc eu droit après le boulot - moi et 40 autres personnes - à un petit cocktail privé avec l'auteur, arrosé de vin et de petits fours frais, pendant lequel j'ai eu l'occasion de faire ma groupie. Sauf que je ne suis pas une groupie. Déjà je ne suis plus groupie de rien depuis que j'ai dépassé l'adolescence (quand je vois un auteur/acteur/chanteur connu dans la rue j'ai tendance à faire comme si j'a...

Le livre et l'épée T.1 - La Voie de la Colère, d'Antoine Rouaud

Je me rends compte en vieillissant (du haut de mes 25 balais…) que je me tourne de plus en plus vers des genres littéraires plus variés. Mais je n’oublie pas pour autant celui qui m’a donné l’amour de la lecture lors de ma pré-puberté (à l'époque de ma chevelure de Guenièvre, de mes nattes de hippie et de mes pantalons qui traînaient au sol), la Fantasy. J’étais effectivement une grande fan de Fantasy, je dévorais les Robin Hobb, j’avalais les Raymond E. Feist, je boulottais  les David Gemmell, Tad Williams, Guy Gavriel Kay, David Eddings et autres grosses pointures du genre. Mais récemment, j’ai du mal à trouver chaussure à mon pied en matière de Fantasy. J’ai écumé pas mal d’océans littéraires, et souvent mes nouvelles lectures dans ce genre précis me semblent trop banales, sans grande évolution. Bien-sûr surgissent des romans géniaux, des textes originaux qui bouleversent mon monde et s’inscrivent dans le Top of the Pop Guixxxéen, mais ce sont des événements...

La stratégie Ender, de Orson Scott Card

Alors voilà, plusieurs facteurs font que je me dois de parler de La Stratégie Ender , d' Orson Scott Card . Les  aficionados  connaissent sur le bout des doigts ce classique de la SF des années 80, les cinéphiles attendent avec circonspection l'adaptation qui arrive sur nos écrans le 6 novembre, avec Harrison Ford dégoulinant et Ben Kinglsey qui a l'air de s'être malencontreusement cogné de nombreuses fois sur l'aiguille d'un tatoueur, et les heureux qui ont pu aller aux Utopiales de Nantes ce week-end ont peut-être pu avoir une dédicace de l'auteur et l'écouter parler d'un air bonhomme lors des conférences passionnantes de l’événement. Pour ma part, je fais partie des trois catégories, j'ai adoré le roman, j'attends de voir le film avec impatience, et j'ai pu, avec une joie immense et des joues toutes rouges de timidité, manger avec Orson Scott Card, à la même table, ouais ouais. Bon il n'y avait pas que lui, aussi des confrèr...

Et quelquefois j'ai comme une grande idée, de Ken Kesey

Voilà ça y est, j’ai lu mon grand roman américain de la rentrée. Tu sais, le  Grand roman américain par excellence, celui sur lequel l’auteur a dû suer sang et eau pendant des lustres pour le peaufiner et sur lequel tu sues sang et eau pour le lire parce qu’il a tellement bien fait son job que c’est trop cool mais un peu dur et long à lire parfois (ces systèmes narratifs originaux on a pas idée…). J’avais lu mon Grand roman espagnol (Confiteor) , mais aussi mon Grand roman français (Le quatrième mur) , ainsi que mon Grand roman de Fantasy (Même pas mort) , voilà le Grand roman américain de la rentrée : Et quelquefois j’ai comme une grande idée , de Ken Kesey , aux éditions Monsieur Toussaint Louverture . Peut-être le nom de Ken Kesey parle-t-il un brin à certains d’entre vous, il est en effet l’auteur génialissime et trop méconnu du roman Vol au-dessus d’un nid de coucou , duquel est tiré le film avec Jack Nicholson. Celui-ci aussi serait sujet à une petite chro...